Alma Brami, Qui ne dit mot consent

Alma Brami, Qui ne dit mot consent ( Mercure de France, 2017 )

Cvt qui ne dit mot consent 8201

 

Emilie et Bernard ( Gary pour les intimes ) vivent à la campagne avec leur deux enfants. Pour quitter la ville au préalable, Bernard a trouvé un prétexte dans la qualité de la vie, en son désir d'épanouissement et d'air pur. Quant à Emilie, elle a suivi docilement son époux, abandonnant ainsi derrière elle parents et amis. Du coup, tout au long du roman, on a affaire à un long huit-clos dans une maison isolée en rase campagne où vit au jour le jour un couple formé par Emilie et Gary.  

 

Pour le confort de sa femme, Bernard a eu une idée brillante, celle de recruter par petite annonce une compagne pour Emilie. Depuis, les " amies " se succèdent auprès d'Emilie comme dans le lit du couple, telle Sabine qu'ils sont allés chercher à la gare le 2 juin. Puis il y a Elsa, Odile, Aurélie … qui n'ont guère d'identité romanesque et s'avèrent interchangeables. 

 

Je suis précisément captivé par l'entrée en scène de ces anti-héros dans la vie de ce couple. Leur mode d'apparition relaté par Emilie, la narratrice de ce roman, s'avère original et forme un atout clé de l'intrigue. Toutefois, Bernard finit par tous les renvoyer tant il s'en lasse : tout passe, tout casse, tout lasse … Et alors Bernard trouve finalement refuge dans les bras de sa femme, Emilie … Du coup, cela peut paraître cocasse au lecteur. Mais tout compte fait, c'est la réaction d'Emilie qui prend le dessus dans le cours de la narration et on se rend compte de sa souffrance et de son désarroi … Cette protagoniste a l'impression d'avoir perdu sa dignité. Pourquoi ? Parce que " qui ne dit mot consent ". 

 

Tout au long de ce " roman de gare ", la langue d'Alma Brami est caractérisée par un problème de ponctuation : il y a trop de virgules, donc trop de phrases complexes; il y a aussi trop de points d'interrogation, en tout cas dans les quarante premières pages : c'est donner l'impression de poser une problématique alors qu'il y en a pour ainsi dire aucune, si ce n'est celle d'un couple qui se sent seul … et alors le seul ressort de l'intrigue réside dans cette idée de recruter une compagne pour Emilie puis de la remplacer. Par ailleurs, en terme de forme, j'estime que cette auteur aura beaucoup trop utilisé l'écriture italique. Mais malgré ces quelques médiocres faits de langue, ce roman aura été un bon passe-temps. 

 

En définitive, je pense qu'Alma Brami a voulu nous raconter une histoire ordinaire d'un couple dans une maison isolée en rase campagne. En fait le huis-clos a pris un tour peu ordinaire avec l'idée de Gary de recruter par annonce une compagne pour son épouse. Et puis il y a eu un turn-over, avec d'autres recrues … C'est-ce qui m'a fait aimer cette histoire, ce roman, malgré un style de roman de gare et des faits de langue médiocres. 

 

 Note : 10/20 - Source littéraire : publication de Serge-René Fuchet sur le site " lecteurs.com "
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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